Prothèses de hernie : la mise au point des sociétés savantes

Gros plan sur un filet chirurgical utilisé pour la réparation d'une hernie

Plusieurs articles parus dans la presse grand public ces derniers mois ont évoqué un possible « scandale sanitaire » autour des prothèses utilisées dans la chirurgie de la hernie. Je souhaite ici faire le point avec vous, à la lumière de la position officielle publiée par les sociétés savantes de chirurgie viscérale et digestive (SFCP-CH, AFC, SFCD, CNP-CVD).

Chaque année en France, plus de 250 000 patients sont opérés d’une hernie de la paroi abdominale, le plus souvent une hernie de l’aine. C’est l’intervention la plus fréquemment réalisée par un chirurgien viscéral au cours de sa carrière. La pose d’une prothèse de renfort pariétal, recommandée par les sociétés savantes internationales, permet une réparation sans tension et réduit significativement le risque de récidive par rapport à une simple suture.

Comme toute intervention chirurgicale, la cure de hernie n’est pas sans risque. Des douleurs inguinales postopératoires peuvent survenir chez 5 à 10 % des patients, et sont invalidantes dans 1 à 5 % des cas. Ces douleurs sont surtout liées à la dissection chirurgicale elle-même et non, dans la majorité des études, à la présence de la prothèse : le risque de douleur chronique n’est pas plus élevé avec une prothèse qu’avec une simple suture.

Concernant l’hypothèse d’un syndrome d’intolérance aux matériaux prothétiques, aucune démonstration scientifique de ce phénomène n’existe à ce jour dans la littérature médicale. Les experts français de la chirurgie herniaire, qui échangent chaque mois sur les dossiers difficiles, n’en ont recensé aucun cas. Les publications isolées relayées dans certains médias reposent le plus souvent sur des cas uniques, sans niveau de preuve suffisant pour remettre en cause des pratiques validées par de nombreuses études menées sur de larges populations.

La meilleure prévention reste une information claire donnée en consultation, sur les bénéfices attendus comme sur les risques potentiels de chaque technique, avec ou sans prothèse. C’est un échange que nous avons systématiquement ensemble avant toute décision opératoire.

Dr Grégoire Deroide

Pour aller plus loin

Pour en savoir plus sur la prise en charge chirurgicale de la hernie, consultez la page dédiée : Chirurgie de la hernie.

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