Le sinus pilonidal ou kyste pilonidal ou encore kyste sacro coccygien correspond à une inclusion de poils sous la peau dans la graisse sous-cutanée, responsable d’une réaction inflammatoire ou d’une surinfection. Il est de taille variable dans le temps, sensible voire très douloureux en cas d’abcès et siège toujours au même endroit, à la partie haute du pli inter-fessier. Plusieurs théories permettent d’expliquer son apparition :
- La théorie congénitale : défaut de migration de cellules embryonnaires.
- La théorie acquise : la friction sur la peau en position assise provoquerait l’inclusion des poils.
L’évolution de ce petit kyste sous-cutané entraîne la surinfection (abcès) et/ou la fistulisation (apparition de un ou plusieurs orifices à l’origine d’un écoulement). Des poussées infectieuses successives peuvent ensuite créer de nouveaux trajets, de nouvelles poches abcédées et de nouveaux orifices médians dans le sillon inter-fessier.
Tous les sinus pilonidaux, qu’ils se soient ou non compliqués d’abcès constituent une indication chirurgicale, qui consiste en l’excision complète des lésions. Selon les cas la plaie sera laissée ouverte (et confiée à une infirmière à domicile pour les soins de cicatrisation) ou fermée (si excision de petite taille). L’opération a lieu sous anesthésie générale. Une hospitalisation de jour ou de 24 heures est habituelle.



PROBLÈMES POUVANT SURVENIR
INFECTION
Noter bien qu’une plaie est toujours septique. Les bactéries sont inévitablement présentes dans les plaies, il s’agit d’une colonisation naturelle. L’infection est un processus normal qui fait partie de la cicatrisation en assurant une détersion naturelle par la suppuration. Cette infection ne nécessite donc ni traitement antibiotique, ni antiseptique, à partir du moment où elle reste limitée à la plaie. Ce n’est qu’en cas d’apparition de signes régionaux (lymphangite), ou généraux (fièvre, septicémie) qu?un traitement par antibiotiques adapté per os (par la bouche) ou par voie intraveineuse doit être mis en place. Il faudra alors vérifier la qualité de la plaie.
BOURGEON HYPERTROPHIQUE
Lorsque le bourgeon devient trop important, dépassant la hauteur des berges périphériques de la perte de substance, il gêne alors la repousse cutanée. On parle de bourgeon charnu. On doit alors appliquer soit un pansement anti-inflammatoire à l’aide d’une compresse humide imbibée d’hydrocortisone à 2,5 % (Corticotulle® par exemple) soit appliquer quotidiennement un stylo de nitrate d’argent qui détruira le bourgeon charnu. Une fois le bourgeon hypertrophique affaissé, en principe au bout d’une dizaine de jours, la plaie revient à la phase d’épidermisation.
PLAIE ODORANTE
Depuis ces dernières années, les ions Argent sont incorporés dans les pansements modernes. L’ion Argent possède en effet un large spectre d’action qui englobe la quasi-totalité des bactéries impliqués dans la colonisation des plaies chroniques ; l’argent est bactéricide avec un mécanisme d’action qui minimise le risque de sélection de mutants résistants. Enfin, l’ion Argent est dépourvu de cytotoxicité préjudiciable au processus cicatriciel. Les pansements à l’argent sont en pleine expansion : ils sont soit composé d’argent pur: Acticoat®, soit le plus souvent associés : Argent + charbon : Actisorb® Ag+ ; Argent et hydrofibre : Aquacel® Ag ; Argent et Ac hyaluronique : Ialuset + ; alginate et ions Argent : Release®Ag . Mais ils ne doivent être utilisés que sur une période courte (quelques semaines), certains auteurs ayant déjà décrit des résistances bactériennes…
